Site internet par mois : le vrai coût (et le piège de la location)
Site internet en abonnement mensuel : le vrai coût sur 3 ans, les clauses d'engagement et la comparaison avec un site acheté une fois. Chiffres 2026.
« À partir de 49 € par mois, sans apport. » Sur le papier, c'est séduisant. Alors, combien coûte un site internet par mois, vraiment ? La réponse honnête demande une calculette et la lecture des petites lignes, parce que le prix affiché n'est presque jamais le prix payé.
Cet article complète notre guide sur le prix d'un site internet d'artisan en se concentrant sur un seul modèle : l'abonnement mensuel, aussi appelé location de site.
Les offres du marché : ce que contient chaque étage
Les formules à abonnement constatées sur le marché s'étagent en général ainsi :
| Mensualité constatée | Ce qu'elle contient en général |
|---|---|
| Autour de 29 € | Un site sur un modèle standard, quelques pages, peu ou pas de personnalisation |
| Autour de 49 € | Le même, avec un accompagnement de départ et parfois le nom de domaine |
| De 99 à 99,90 € | Site plus complet, modifications incluses, promesse de référencement |
À ces mensualités s'ajoutent souvent des frais de mise en service facturés au départ, et une durée d'engagement, fréquemment de 12 à 48 mois selon les contrats. C'est cette combinaison qu'il faut regarder, pas la mensualité seule.
Le calcul sur 36 mois : celui que le vendeur ne fait jamais devant vous
Un site vitrine s'utilise des années. La bonne unité de comparaison n'est donc pas le mois, mais 3 ans. Faisons le calcul avec les offres ci-dessus :
- 29 € par mois : 1 044 € sur 3 ans
- 49 € par mois : 1 764 € sur 3 ans
- 99 € par mois : 3 564 € sur 3 ans
Sans compter les frais de départ. En face, un site acheté une fois, dans la fourchette des agences spécialisées, coûte autour de 900 à 1 500 €. Sur 3 ans, la location revient donc souvent à 2 ou 3 fois le prix d'un site acheté. Et le compteur continue de tourner la quatrième année, la cinquième, la sixième.
La clause qui fâche : résiliez, et le site disparaît
C'est la vraie différence entre louer et acheter, et elle est rarement dite clairement : dans la plupart des contrats de location, le site ne vous appartient pas. Vous arrêtez de payer ? Le site est coupé. Les textes, les photos mises en page, l'historique accumulé sur Google : tout reste chez le prestataire.
Concrètement, après 3 ans et plusieurs milliers d'euros versés, vous ne possédez rien. Vous voilà devant un choix désagréable : continuer à payer pour garder ce qui existe, ou repartir de zéro ailleurs. Ce mécanisme n'est pas un accident, c'est le modèle économique de la location.
Le nom de domaine mérite une vigilance particulière. S'il est déposé au nom du prestataire, même votre adresse ne vous suit pas en cas de départ.
Ce qui justifie un vrai coût mensuel : l'hébergement et la maintenance
Soyons justes : tout coût mensuel n'est pas une arnaque. Un site en ligne a des frais récurrents réels : l'hébergement, le nom de domaine, les mises à jour techniques, les sauvegardes. Et déléguer les petites modifications (horaires, photos de chantiers, tarifs) rend service à beaucoup d'artisans.
Simplement, ces services se facturent quelques dizaines d'euros par mois, pas une centaine. Chez nous, l'ensemble hébergement, maintenance et modifications courantes coûte 39 € par mois, sans engagement : vous pouvez arrêter quand vous voulez, le site reste à vous. La différence avec une location, c'est que cette mensualité paie un service réel, pas le droit de continuer à exister.
Acheter son site une fois : le calcul qui gagne
Reprenons la comparaison sur 3 ans, cette fois avec l'achat. Un site à 990 € HT payé une fois, plus une maintenance optionnelle à 39 € par mois, donne un total de 2 394 € sur 3 ans, tout compris et résiliable. Le même site en location à 99 € par mois dépasse 3 500 €, sans que rien ne vous appartienne à l'arrivée.
Et si vous gérez vous-même les petites modifications, la comparaison devient sans appel : 990 € une fois, contre des mensualités sans fin. La location ne gagne le calcul que sur un critère : elle évite de sortir 990 € le premier mois. C'est un vrai sujet de trésorerie pour certains, mais il faut le nommer pour ce qu'il est : un crédit déguisé, au taux très défavorable.
La checklist avant de signer un contrat mensuel
Si vous envisagez malgré tout une offre à abonnement, vérifiez ces six points, par écrit :
- La durée d'engagement exacte, et le total engagé (mensualité multipliée par la durée).
- Les frais de mise en service et leur montant.
- Le propriétaire du nom de domaine : vous, ou le prestataire ?
- Ce qui se passe à la résiliation : le site est-il transférable, et à quel prix ?
- Ce que couvrent les « modifications incluses » : combien par mois, quels délais ?
- Les conditions de sortie anticipée en cas de cessation d'activité.
Un prestataire sérieux répond à ces questions sans se froisser. Un silence ou une réponse floue vaut réponse.
Pour situer l'abonnement parmi toutes les autres façons de faire un site (gratuit, freelance, agence), reprenez notre guide complet : créer le site internet de son entreprise artisanale. Et si vous voulez comparer sur du concret plutôt que sur des promesses, la maquette gratuite de votre site est un bon point de départ : vous voyez le résultat avant de dépenser le moindre euro.